Documentaires
Ce que j’apprécie dans le documentaire, c’est l’immersion pendant de longs mois dans un univers qui n’est pas le mien et d’y trouver une richesse humaine insoupçonnée. Qu’il s’agisse de la vie d’un auteur, comme Cioran ou Jacqueline de Romilly, de celles d’archéologues, d’aveugles, de chercheurs ou de pêcheurs de crevettes, chaque rencontre est source de découvertes. Je ne peux travailler qu’ainsi, en liant connaissance, en me faufilant dans l’intimité des êtres, en transmettant ensuite le savoir recueilli.
J’essaie toujours d’être le plus sincère et le plus juste possible. Mais ces deux adjectifs sont souvent contradictoires. Je ne saurais prétendre à l'objectivité, contrairement à ce dont je suis implicitement investi. Je fais œuvre de création. Je propose un point de vue. J’informe en prenant parti. Comme tous mes confrères. Prétendre le contraire, reviendrait à me leurrer sur mon travail.
Un documentaire répond aux mêmes règles fondamentales de dramaturgie qu’un roman ou un film. Il faut harponner le spectateur et ne plus le lâcher. Le sujet, la profondeur du propos ne suffisent pas à captiver un auditoire. Seul la manière dont est conduit le récit permet de l’intéresser. De mon point de vue, les meilleurs films documentaires sont ceux qui racontent des histoires.
Qui instruisent en distrayant.





