Opéra


Candide


Il était une fois Candide, le bien nommé, à qui son maître Pangloss apprenait que « tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. »

Ce jeune homme vivait en Westphalie, auprès de Cunégonde et Maximilien, dans un petit paradis terrestre. Il n’avait donc aucun mal à croire ce que lui enseignait son maître d’école.

Mais la pure Cunégonde surprit maître Pangloss en train de lutiner la servante Paquette. Il prétendit qu’il s’agissait de physique appliquée. Cunégonde voulut expérimenter avec Candide cette physique-là. Le serpent tenta Eve et Adam fut chassé du jardin d’Eden.

Le voyage initiatique de Candide pouvait commencer.

Alfred Jarry écrivit Ubu Roi en classe de première, alors qu’il était encore lycéen. M. Hébert, son professeur de physique, lui servait de modèle. Il incarnait à ses yeux « tout le grotesque du monde ». Le Pangloss de Voltaire lui ressemble assez.

Candide, revu par Léonard Bernstein, est une farce grinçante, un délire de potache, un rêve de lycéen s’évadant du cours de physique pour vivre en songe quelques aventures rocambolesques et grotesques, comme dans les contes initiatiques africains où le héros est entraîné de montagne en montagne, de bateau en bateau, de rencontre en rencontre, dans une intrigue insensée faisant ressortir la morale de l’histoire sans s’encombrer de réalisme.

Dans Candide, il y a non seulement l’univers de Jarry mais aussi celui de Ionesco. N’oublions pas que Candide a été créé en 1956, en pleine explosion du théâtre de l’absurde.

Nous avons donc accentué l’aspect outrancier de l’opéra de Bernstein.

Comme tout conte est enseignement, comme Pangloss est le professeur de Candide, que le livret commence à l’école et finit à l’école, pourquoi ne pas inscrire la mise en scène dans une salle de classe avec pour interprètes des lycéens ? Des lycéens en uniforme qui se mettent en scène pour raconter l’histoire abracadabrantesque de ce héros si candide.

Pourquoi ne pas pousser l’idée jusqu’au bout et se servir d’équerres pour figurer les pistolets, de craies pour représenter les bijoux, de parapluies ou de règles en guise d’épées, d’une ardoise pour figurer un miroir, etc.

« On ferait comme si… » disent les enfants. Nous avons fait comme si.

On s’est amusé en vous divertissant, en vous racontant ce conte philosophique un peu à la manière du collège de pataphysique.

Le globe terrestre apporté par Pangloss et devant lequel se pâme Candide, préfigure le voyage initiatique qu’il ne va pas tarder à effectuer autour de la terre.

Ce globe roule, roule jusqu’à la fin du spectacle où, recueilli par Cunégonde, il devient œuf, germination.

« Il faut cultiver son jardin. » conclut l’auteur.

Après être revenu de tout, et de partout, il reste à Cunégonde et à Candide, vieillis et désenchantés, à planter, à s’enraciner, à accepter le grand cycle de la nature.

Accepter de reconnaître aussi que le bonheur qu’on imagine conquérir, de haute lutte à travers le monde, se tient souvent tout près de soi.

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Candide CandideCandideCandideCandideCandideCandideCandideCandideCandideCandide
Un opéra de Leonard Bernstein, d'après le conte Candide ou l’optimisme de Voltaire.

Livret de Hugh Wheeler
Lyrics de Richard Wilbur

Orchestre placé sous la direction de Sylvain Audinovski
Chef de Chœur : Arnaud Cappelli
Mise en scène : Bernard Jourdain
Scénographie : Isabelle Huchet
Chorégraphie : Delphine Huchet
Eclairages : Carlos Perez

Avec Géraldine Casey (Cunégonde), Philippe Gortari (Candide), Odile Descols (la vieille femme), Mario Hacquard (Pangloss) et le chœur de la Croche Chœur.

Spectacle donné au théâtre Montansier de Versailles le 10 juin 2008
Ainsi qu’à Verrières-le-Buisson et à Cergy-Pontoise