Théâtre et opéra


Le théâtre m’a absorbé depuis l’âge de treize ans. Je m’y suis donné corps et âme pendant mes années de lycée, à Guez de Balzac, à Angoulême.

L’année de mon bac, la Maison des Jeunes et de la Culture m’a confié la direction d’une nouvelle salle de spectacle, installée dans une ancienne chapelle en plein centre de la ville. Je l’ai baptisée Le Théâtre de Poche.

A vingt ans, je suis monté à Paris pour apprendre le métier de comédien. Je suis tout de suite rentré au Conservatoire National d’Art Dramatique… mais comme régisseur ! J’y ai suivi tout de même les cours d’Antoine Vitez et j’ai assisté les élèves qui montaient des spectacles au sein de l’école (Daniel Mesguish, Patrice Kerbrat, Richard Berry).

Pendant quelques années, j’ai été l’assistant de Jacques Rosny et René Clermont. J’ai ensuite monté ma propre compagnie et mis en scène La Double Inconstance, un spectacle Ruzzante et Les Caprices de Marianne.

Je n’imaginais pas vivre ailleurs que sur une scène, au milieu des odeurs de poussière, de vieux bois, de gélatines brûlées et de colle à marouflage. Le sentiment que j’éprouvais en réglant toute une nuit des éclairages en plein air pour un spectacle d’été, en voyant le soleil se lever sur Albi, Aigues-Mortes ou Carpentras, me disait que ma vie était là et nulle part ailleurs, que je ne saurais vivre loin des planches et des comédiens donnant âme à un texte.

Et pourtant, je m’en suis éloigné pendant trente ans pour découvrir un monde assez différent mais tout aussi exaltant : le cinéma. Aujourd’hui, je rêve à nouveau de spectacle en plein air, de nuit qui tombe, de trompettes qui sonnent le début du spectacle, de projecteurs qui s’allument et nous emportent dans la magie des beaux textes.

Love LettersCandide
Love LettersCandide